Pourquoi la France tarde à vulgariser le cercueil carton

Pourquoi la France tarde à vulgariser le cercueil (dit) en carton recyclé alors que les crématoriums d’Amérique du Nord l’utilisent largement ?

16 décembre 2025

Une exagération évidente dans le dénigrement du cercueil en carton

Depuis plus de 10 ans, la société ALTERCO s’efforce de vulgariser le cercueil en carton en France, convainquant de nombreuses pompes funèbres de répondre à la demande croissante de la population en quête de cercueils alternatifs réalisés dans un matériau autre que le bois.

Dans cette démarche malheureusement, à de nombreuses occasions les pompes funèbres qui font confiance à ALTERCO , ont été confrontées au refus de crématoriums d’admettre ses cercueils (dits) en carton dans leurs installations au motif que les cercueils en carton auraient été inadaptés voire dangereux pour leurs équipements alors ces produits ont, pour la première fois, été réglementairement validés par l’Etat en 1998, avec un renforcement des règles de conformité à la crémation introduit à partir du 26 juillet 2012.

Certains crématoriums, n’hésitant pas à plonger les familles de défunts dans un profond désarroi, ont même parfois exigé des pompes funèbres que le corps du défunt soit extrait du cercueil en carton où il avait été placé pour être transféré dans un cercueil en bois afin d’avoir accès au site et ce, alors que notre cercueil avait fait l’objet d’un agrément ministériel en janvier 2015 (à l’époque et jusqu’en 2018, les cercueils en carton n’étant réglementairement agréés que pour la crémation).

De même, maintes fois la presse nationale et régionale s’est faite l’écho des mouvements d’opposition aux cercueils en carton tandis qu’après intervention de notre société auprès des rédactions des médias concernés, leurs affirmations ont été souvent contredites :

https://www.lavoixdunord.fr/1096634/article/2021-11-10/les-cercueils-en-carton-sont-bien-autorises-dans-le-crematorium-de-dunkerque

La réglementation de 2018 définit plus précisément les modalités d’homologation des cercueils mais entretient toujours la confusion concernant la légalité des cercueils en carton.

A l’aube de 2026, la position concernant les cercueils en carton et en particulier leur capacité à être admis sans réserve en crémation, a été clarifiée à la condition expresse que ces derniers soient homologués, c’est à dire soient conformes aux exigences du décret du 8 novembre 2018.

Toutefois, certains crématoriums, invoquant des risques techniques qui risqueraient de mettre en péril leurs installations, persistent à toujours bloquer l’accès des cercueils en carton en faisant fi de manière autoritaire et sans appel de l’obligation qui leur est faite par l’Etat d’accepter des produits pour lesquels les autorités publiques ont pris la peine d’édicter des textes réglementaires rédigés afin de garantir un accès sans risque des cercueils en carton à leurs installations.

D’autres, plus respectueux de la réglementation, au motif que les cercueils en carton ne respecteraient pas totalement certaines exigences figurant dans l’annexe 4 de l’arrêté d’application du 20 décembre 2018 du décret du 8 novembre 2018, légitiment leur décision de refus en s’arcboutant sur des dispositions portées dans le texte réglementaire mais dont l’Etat reconnait lui-même aujourd’hui le caractère discriminatoire à l’égard du cercueil en carton, ce qui contribue naturellement à limiter arbitrairement son accès au marché.

Ces dispositions discriminatoires héritées de la norme NF D80-001 – partie 3 rendue obligatoire en 2012 ont été reconduites dans la réglementation de 2018,. Elles devraient disparaitre prochainement, le Ministère de la Santé s’étant engagé en juillet 2025 à modifier les textes concernés par la réécriture dans les meilleurs délais de l’arrêté du 20 décembre 2018.

Malgré l’autorisation officielle d’accès accordée au cercueil en carton homologué par les états majors des principaux gestionnaires de crématoriums en DSP, les collectivités territoriales ou les instances dirigeantes des SEM qui assurent la gestion directe des équipements publics, trop d’obstacles subsistent à chaque fois que les pompes funèbres présentent un nouveau défunt.

Il ne se passe pas un jour sans que des pompes funèbres qui ont pris la décision de référencer les produits ALTERCO nous interpellent pour nous demander si nos cercueils sont bien adaptés à la crémation voire, de nous signifier leur regret d’être contraints de ne pas pouvoir les proposer à leur clientèle ou simplement répondre à une demande expresse, parce que le personnel de leur crématorium habituel les en dissuade de manière plus ou moins larvée pouvant aller jusqu’à évoquer verbalement leur interdiction alors même que le groupe funéraire OGF, leader national et principal gestionnaire de crématoriums publics en DSP, les accepte depuis de nombreuses années sur matériel Facultatieve Technologies ou ATI et a même référencé ALTERCO en 2021 pour approvisionner ses propres pompes funèbres (PFG) en cercueils en carton.

Bien souvent, un échange de courriels entre notre société et la direction du crématorium permet de lever les obstacles, certes dans une démarche au cas par cas et sans préjuger de nouvelles dissuasions voire d’interdictions susceptibles d’être notifiées aux pompes funèbres lors de leurs futures interventions…

Comme beaucoup de nos confrères, nous apprécierons qu’une fois pour toutes, l’Etat français communique clairement aux pompes funèbres et au grand public que les cercueils en carton homologués sont bien une alternative autorisée en France aux cercueils en bois, qu’ils sont tout à fait compatibles avec la crémation et qu’en conséquent, ils ne peuvent pas être refusés par les crématoriums.

Il serait également utile que l’Etat précise en quoi consiste l’homologation d’un cercueil et surtout qui a le pouvoir et la responsabilité de la délivrer, que cette dernière, comme l’indique le décret du 8 novembre 2018, soit définie par accréditation ou par simple équivalence dans le respect du principe de libre circulation des produits au sein de l’Europe Communautaire.

Il est en effet temps qu’en France, soit écartée la rumeur incessante de non-conformité générale des cercueils en carton qui dissuade çà et là de nombreux professionnels funéraires d’inclure le cercueil en carton à leur gamme courante de produits présentée à la clientèle.

Pourquoi Le cercueil en carton, trop souvent présenté par les gestionnaires de crématoriums européens comme inadapté à la crémation est depuis quelques années privilégié par leurs homologues américains ?

Qui peut en effet comprendre pourquoi le cercueil en carton qui subit encore en France de nombreuses critiques de professionnels funéraires qui considèrent qu’il n’est pas approprié à la crémation est aujourd’hui largement utilisé et recommandé par les gestionnaires de crématoriums en Amérique du Nord ?

Comment admettre objectivement que des spécialistes puissent rejeter un produit en Europe alors que de l’autre côté de l’Atlantique, on l’accueille à bras ouverts ?

Pour tenter de résoudre ce dilemme, nous avons interrogé l’IA en posant la question suivante:

 » Pourquoi le cercueil en carton est-il tant combattu en France alors qu’il est largement utilisé et recommandé en crémation en Amérique du Nord ? « 

La réponse portée ci-dessous est riche d’enseignements et nous conforte dans la voie que nous suivons dans notre pays depuis 10 ans.

A chaque élément de réponse, nous expliquons ainsi comment ALTERCO oeuvre pour concevoir et fabriquer des cercueils (dits) en carton afin d’inciter les Européens à adopter l’opinion favorable qu’ont le Américains du matériau de cercueil alternatif que représente le carton recyclé.

La résistance au cercueil en carton en France tient surtout à un mélange de facteurs culturels, réglementaires, économiques et symboliques, très différents de ceux de l’Amérique du Nord.

Voici les points clés:

  1. Un rapport culturel à la mort très différent

En France

  • Le cercueil est perçu comme un objet solennel, durable, “digne”, historiquement en bois.
  • Le carton est souvent associé : au provisoire à l’emballage au  bas de gamme d’où une réaction émotionnelle négative : impression de manque de respect envers le défunt.

En Amérique du Nord

  • Approche plus pragmatique et fonctionnelle : Le cercueil est vu comme un conteneur temporaire pour la crémation.
  • La notion de “prestige du cercueil” est beaucoup moins centrale.
  • Forte acceptation des solutions simples si elles sont : efficaces écologiques moins coûteuses

–> Commentaire d’ALTERCO :

En France, ALTERCO fabrique de véritables cercueils parisiens en carton recyclé et non des « containers temporaires » destinés à la crémation que les pompes funèbres américaines dissimulent durant les funérailles dans un cercueil en bois de location. Réalisés avec soin en carton kraft pouvant recevoir un placage en chêne pour leur conférer un aspect traditionnel ou être personnalisés par « covering » ou impression directe, les cercueils en carton ALTERCO réconcilient solennité et fonctionnalité.

  1. Le cadre réglementaire français (plus contraignant)

En France :

  • Le cercueil est strictement encadré par le Code général des collectivités territoriales.
  • Longtemps, le carton a été : juridiquement flou considéré comme non conforme ou “expérimental”
  • Les normes imposent : étanchéité résistance mécanique biodégradabilité contrôlée

Même si le carton peut aujourd’hui être autorisé, chaque modèle doit être explicitement homologué, ce qui freine sa diffusion.

En Amérique du Nord :

  • Réglementations locales et souples
  • L’usage prime sur la symbolique
  • Les crématoriums recommandent le carton car : combustion plus propre moins d’émissions toxiques moins de résidus

–> Commentaire d’ALTERCO :

Dès son entrée sur le marché funéraire en 2015, ALTERCO a veillé à respecter scrupuleusement la réglementation française que ce soit dans le cadre du régime d’agrément des matériaux de cercueils en vigueur depuis 1995 jusqu’en 2018 et du régime d’homologation de cercueils en vigueur depuis 2019. Les tests visant à démontrer que les cercueils ALTERCO entrent dans le cadre réglementaire français ont été opérés par le laboratoire du FCBA, seul laboratoire accrédité par le COFRAC pour, en France, mener les tests de conformité à la norme AFNOR NF D80-001 (dite norme cercueils) et à la procédure d’accréditation appliquée lors de l’homologation de cercueils sans antériorité commerciale sur des marchés européens en dehors de la France.

  1. Le poids du secteur funéraire traditionnel en France
  • Le marché français est historiquement dominé par : des opérateurs installés dans une filière bois bien structurée
  • Le cercueil représente une part importante de la marge des pompes funèbres.

En France :

Le cercueil en carton :

  • coûte beaucoup moins cher
  • réduit les marges
  • remet en cause le modèle économique existant

En Amérique du Nord :

  • Marché plus concurrentiel
  • Développement rapide des direct cremations (crémation directe sans cérémonie)
  • Le cercueil devient un poste à minimiser, pas à valoriser.

–> Commentaire d’ALTERCO :

ALTERCO a bien pris conscience de la réticence des professionnels à commercialiser des « containers » en carton à vil  prix. Les « containers de crémation » américains sont en effet proposés aux familles à moins de 100 USD en complément de la location d’un luxueux cercueil américain d’apparat « le casket » pour une somme qui atteint très facilement 1000 USD. Les cercueils ALTERCO, suffisamment sophistiqués pour entrer dans la gamme usuelle de cercueils proposés aux familles, sont cohérents avec la politique tarifaire des pompes funèbres sachant que les prix de vente des cercueils pratiqués en France rendent difficile la location à la fois proposée à un prix attractif pour les familles et suffisamment rentable pour les pompes funèbres. Le besoin en cercueils en carton en France correspond donc bien aux cercueils « solennels et dignes » proposés par ALTERCO.

  1. La crémation : même pratique, philosophie différente

En France :

La crémation reste souvent entourée de rituels traditionnels → cercueil “présentable”.

En Amérique du Nord :

La crémation est fréquemment : rapide sans exposition sans cercueil visible

Le carton est donc parfaitement accepté, puisqu’il n’est pas destiné à être vu.

–> Commentaire d’ALTERCO :

A l’exception du cercueil parisien en carton kraft destiné à être vu par une clientèle spécifique qui entend au travers d’un cercueil digne de ce nom d’afficher son choix du carton, le matériau par l’application d’un placage ou d’éléments de décoration ou de personnalisation n’a, à l’instar de l’Amérique, pas destiné à être vu.

  1. L’écologie : argument récent en France, central en Amérique du Nord
  • En Amérique du Nord : l’argument environnemental est ancien et structurant le carton = moins de bois, moins de vernis, moins de métaux
  • En France : la conscience écologique progresse mais se heurte encore à : la tradition la peur du “low cost” l’émotion du moment du deuil

–> Commentaire d’ALTERCO :

ALTERCO a choisi le carton recyclé, un champion de l’économie circulaire et un matériau qui permet, pour la fabrication de cercueils, d’économiser cette ressource précieuse qu’est le bois qu’il faudra de plus en plus consacrer à des applications durables, ne serait-ce que pour veiller à séquestrer le carbone qui a été capté par absorption du CO2 par l’arbre dont il est issu. Loin de chercher à s’aventurer dans une démarche écologique fantasmée et coûteuse, ALTERCO s’engage de manière pragmatique dans la transition écologique de l’industrie du cercueil avec un matériau recyclé parfaitement maîtrisé et abondamment disponible sur le marché.

EN RESUME :

 

En France

  1. Approche symbolique
  2. Tradition forte
  3. Réglementation stricte
  4. Intérêts économiques établis
  5. Carton perçu comme indigne

En Amérique du Nord

  1. Approche fonctionnelle
  2. Pragmatique
  3. Réglementation souple
  4. Marché concurrentiel
  5. Carton perçu comme logique

LES SOLUTIONS ALTERCO : LA DECLINAISON EUROPEENNE DU CERCUEIL EN CARTON (*)

  1. Approche symbolique et fonctionnelle
  2. Tradition respectée et pragmatisme
  3. Réglementation stricte
  4. Intérêts économiques préservés et réponse concurrentielle assurée
  5. Carton perçu comme logique
Pascal Defosse
PASCAL DEFOSSE
Président chez ALTERCO
Articles de presse

décrypter l’avenir
du funéraire.

ALTERCO et son cercueil en panneaux alvéolaires fabriqué par les ateliers de la prison de TOUL

Grâce à l’ATIGIP, l'agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle (des détenus), ALTERCO a trouvé les…

Un cimetière écologique, où le cercueil en carton sera le bienvenu, bientôt à Paris

Ne serait-ce que pour découvrir si on y évoque le rôle ambigu de la réglementation funéraire qui, parfois,…